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      Respecter la vie finissante !

Respecter la vie finissante !

Propos sur l’Euthanasie

La mise en examen d’un médecin urgentiste de Bayonne au mois d’août de cette année a des répercussions médiatiques importantes. Cet événement est également instrumentalisé par des groupes de citoyens pour demander une dépénalisation ou une légalisation de l’euthanasie dans notre pays.


On lit dans la presse des témoignages souvent bouleversants et respectables. On entend des remarques du style : « Ah ! S’il y avait des médecins comme celui-là chez nous ! » On parle de pitié en utilisant l’ambiguïté des mots pour parler « d’humanisation de la mort », alors qu’il s’agit en fait de supprimer volontairement une vie humaine.

Ces débats sont importants car ils touchent la réalité de la dignité de l’homme et donc la conception que nous pouvons avoir de la personne humaine. En effet, toute personne est objectivement « quelqu’un » et non « quelque chose » dont on pourrait disposer. Ces débats nous invitent aussi à considérer le fondement de notre société qui se veut, à juste titre, toujours plus humaniste et fraternelle.

Pour ne pas tomber dans un raisonnement qui serait purement affectif et subjectif, il ne faut pas traiter le sujet à la légère mais il faudrait le faire d’une manière longue afin d’être juste, nuancé et pétri d’un infini respect.

Bien évidemment nous ne pouvons pas minimiser les souffrances que traversent non seulement les malades mais également les familles. Il ne s’agit pas non plus de donner toutes les réponses aux questions que nous nous posons face à la maladie et la souffrance. Nous ne pouvons expliquer la souffrance d’une manière rationnelle mais, avec une infinie douceur, dans un cheminement parfois long et difficile, nous pouvons essayer de donner un sens à cette souffrance qu’il faut accompagner, soigner et limiter au maximum par tous les moyens respectueux de l’homme dans toutes ses dimensions. Comment ? En levant les yeux vers la croix du Christ et en entendant saint Paul dire : « Je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l’Église » (Col 1, 24). Mais, un monde sécularisé et pluraliste, qui vit dans une apostasie à la fois silencieuse et explicite, peut-il encore entendre cela ? Oserons-nous en être les témoins nous-mêmes ?

De plus, soyons honnête, la souffrance ou la détresse de toute personne (proche ou non) nous renvoie à nous-même, à notre limite, à notre faiblesse et à la question délicate : « Et moi ? Si j’avais à vivre cela ? » Personne ne désire souffrir et tout le monde désire être respecté dans sa dignité ! Alors, comment vivre un authentique accompagnement, une communion vécue dans un respect et de la personne et du lien qui nous unit à elle ? N’y a-t-il pas le danger de prendre une décision la concernant sur nos propres critères en interprétant des propos suivant ce qui nous arrange ?

Il y a dans la souffrance une démarche subjective qui la rend totalement inexprimable et incommunicable, mais il y a aussi une dimension objective qui peut être combattue par les différentes thérapeutiques pouvant être mise en œuvre. Mais dans tous les cas, les acteurs ne doivent jamais oublier qu’il s’agit d’une personne humaine qui souffre.

En ce qui concerne l’euthanasie et l’affaire du médecin urgentiste de Bayonne, monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne-Lescar-Oloron, a publié un communiqué de presse le 15 août dernier.

On peut y lire :

« Moralement inacceptable, l’euthanasie, qui consiste à mettre fin à la vie d’un malade, est parfaitement illégale en France. L’acharnement thérapeutique (c’est-à-dire ″l’obstination déraisonnable″ par laquelle un malade est artificiellement maintenu en vie au prix d’actes inutiles et disproportionnés) est également interdit par la ″loi Léonetti″ du 22 avril 2005, qui impose au corps médical la prise en charge des malades en fin de vie et l’obligation de soulager leurs souffrances, mais la mise en œuvre de cette loi se heurte, en particulier, à l’insuffisance des centres de soins palliatifs, dont le développement devrait être une des priorités des pouvoirs publics en France. »

Dans sa partie intitulée « La Vie dans le Christ », le Catéchisme de l’Église Catholique développe les raisons éthiques qui permettent d’affirmer comme « moralement irrecevable » l’acte d’euthanasie directe consistant « à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes » (cf. n° 2276 à 2279). Il ne s’agit pas de condamner les personnes, auxquelles nous devons la miséricorde, mais d’être vrai en disant que l’acte qu’elles ont posé, ou voudraient pouvoir poser, est éthiquement illicite.

Au lieu de vouloir « humaniser la mort » (sic) en supprimant la vie, humanisons la vie finissante en respectant et en accompagnant d’une manière affective et médicale la personne humaine qui souffre ainsi que son entourage et le personnel soignant, en œuvrant pour le développement des soins palliatifs. Humaniser la vie qui arrive à son terme, en respectant l’homme dans la globalité de sa personne et l’intégrité de son être, « s’inscrit dans une approche morale (…) cherchant à développer la communion entre les personnes dans l’amour. Celui qui aime, en effet, veut le bien de la personne aimée. Le respect de la vie humaine se comprend en vérité dans une éthique de communion. Ainsi peut se vivre l’accueil de l’autre en son mystère, dans le refus de se laisser enfermer par la tentation de l’emprise sur sa destinée » [1] . Ce chemin est escarpé mais il est celui de l’engagement d’une responsabilité juste vis-à-vis de mon frère en humanité.

Nous ne pouvons accepter la banalisation de l’euthanasie, et sa légalisation, au nom même de notre droit à vivre et à mourir dignement ! Alors, n’endurcissons pas notre cœur mais apprenons à aimer en vérité !

Abbé Pierre Le Bourgeois, Curé de Nantua

Notes

[1Brice de Malherbe, Le respect de la vie humaine dans une éthique de communion, Parole et Silence, 2006, p. 211.

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