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        Abbé Gabriel Gay - L’ultime témoignage

Abbé Gabriel Gay - L’ultime témoignage

Avril 1945, les russes avancent, la tension au camp d’Hradischko augmente.


Voilà que le 9 avril 1945, de jeunes SS remplacent les kapos qui encadrent les prisonniers pour aller sur le chantier de travail. Tout à coup, « couchez-vous » crie-t-on à la colonne. Une rafale de mitraillette leur passe dessus, certains sont touchés. La colonne reprend sa route et on recommencera cinq fois ce jeu de massacre. Le lendemain, une quinzaine de prisonniers seront ainsi abattus. Un soir, un prisonnier cueille un pissenlit en bordure de la tranchée où il travaille, il est abattu. Il réclame un prêtre, on va chercher l’abbé qui le bénit et il meurt. Le soir un allemand a entendu que les SS ont décidé de tuer l’abbé. Pour l’instant, lui est tout occupé à son ministère sacerdotal, il parcourt les chambres, encourage, absout. Ses chaussures sont en si mauvais état que l’un des prisonniers demande à l’interprète une meilleure paire de chaussure de peur que, l’abbé ne pouvant marcher assez vite ne soit tué. Ce que fait l’interprète pour son « bienfaiteur. » L’inquiétude pèse sur tous : l’un d’eux demande à être confessé. Ce seront les dernières paroles de réconfort de l’abbé.

Il ne se fait pas d’illusion : les SS l’ont bien repéré. Il convie le séminariste à qui il confie ses dernières volontés, Il se confesse et « nous nous faisons nos derniers adieux. Il me charge de saluer sa famille, ses paroissiens de Nantua, son évêque. Tu leur diras que j’ai toujours pensé à eux. Il m’encouragea beaucoup devant l’angoisse de la mort qui m’étreignait. Ce soir me dit-il, ressemble un peu au jeudi Saint. C’est le moment de dire : Père, que ce calice s’éloigne de moi. Cependant que votre volonté soit faite ! »

Ceci dit, l’abbé retourne auprès des autres.

Le lendemain, 11 avril, les allemands sont retirés des colonnes. Il se formera deux colonnes de cent hommes, et puis le reste, une quarantaine de prisonniers, dont les nantuatiens. Tout va bien jusqu’à l’approche du chantier, lorsqu’une rafale éclate, les sentinelles vident alors leur chargeur. Un ordre est donné : « debout ! » Une vingtaine de morts restent sur le terrain. La plupart sont atteints mais ils doivent vite rejoindre les autres qui s’apprêtent à reprendre le travail. Certains, moins touchés, se mêlent aux autres travailleurs. Pour ceux qui sont blessés et se traînent, il n’en est pas question, ils s’effondrent dans l’herbe sur le bord de la tranchée. On les fait déplacer puis on les envoie se mettre à l’ombre dans un petit bois. L’abbé est blessé, marche difficilement, il a perdu ses lunettes. Il passe près d’un camarade qui lui propose discrètement de le cacher ; il refuse, disant que les SS l’auront vite repéré et que tous deux seraient fusillés. « Que la volonté de Dieu soit faite » dit-il. A peine ont-ils disparu dans le bois que retentissent des rafales de mitraillettes ; puis des coups de feu épars indiquent les coups de grâce. Il est environ 9h. du matin.

« Si ma pauvre vie est nécessaire pour faire cesser ces massacres, je l’offre volontiers. » Ces paroles de l’abbé, dites le premier jour des tueries de Hradischko s’accomplirent à la lettre. Moins d’une heure après la sauvage exécution, arrive un ordre du commandant de la place interdisant de tirer sur les prisonniers.

« Sa mort fut un grand vide écrit l’un de ses amis, nous nous sommes brusquement aperçus dés les premières heures que quelque-chose d’indispensable nous manquait, quelque-chose où plus exactement quelqu’un. » Les prisonniers allemands eux-mêmes rendirent hommage à son cran et à son courage.

« Ma dernière vision de lui dit un témoin fut un corps disloqué par les rafales de mitraillettes et pourtant son regard restait doux. Je reste persuadé que cette sérénité venait des prières qu’il adressait à Dieu, pour le pardon de ses bourreaux. Puis les SS les emmenèrent dans le petit bois pour les achever. »

A partir de novembre 44 l’abbé Gay avait réussi à avoir quelques difficiles contacts, par intermédiaire, avec le curé de Stechovice, près de Hradischko, l’abbé Betik, qui, après la libération, dévoila dans une revue religieuse paraissant à Prague, les relations qui s’étaient établies entre les deux prêtres (hosties consacrées, livres, bulletin de la société de persévérance sacerdotale), ce qui achève de dépeindre la physionomie religieuse de l’abbé Gay.

Le 26 avril le camp est évacué. Le 8 mai, en train ils passent la frontière autrichienne. Les allemands ont l’intention de faire sauter le train, mais les Partisans tchèques s’en emparent : c’est la délivrance

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