Paroisse de Lalleyriat - Le Poizat - Les Neyrolles - Nantua - 01 Ain
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        Abbé Gabriel Gay - Hradischko

Abbé Gabriel Gay - Hradischko

Le 2 mars 1944, après un triage digne du marché aux esclaves, les corps marqués d’une peinture rouge, 350 hommes, dont 250 français, sont choisis pour former un contingent pour Hradischko, en Tchécoslovaquie. Ils sont huit catholards, dont l’abbé Gay et Leroux. Ce dernier sera le seul rescapé.


Hradischko est un camp de travail : 12 heures par jour et par tous les temps pour des chantiers de terrassements. Le dimanche le travail s’arrête à 11h00, le reste de la journée étant occupé à l’entretien des baraquements et aux soins de propreté personnelle. Les prisonniers sont sous la coupe des Kapos, tous allemands, prisonniers de droit commun et qui sont sous la responsabilité des SS. Le camp est constitué de Polonais, Espagnols, Italiens et Russes, sur lesquels les Kapos ont liberté de taper selon leurs désirs. Entre tous ces hommes règnera bientôt une atmosphère de ménagerie, savamment entretenue par les SS.

Le camp ne comporte pas d’installation sanitaire. L’eau arrive par camions souvent en panne. En cas de manque d’eau, les prisonniers n’ont jamais eu l’autorisation d’organiser une corvée d’eau à la rivière. Les vêtements, chaussures ne seront à peu près jamais renouvelés. enfin, pour un français, il était pratiquement impossible de se faire admettre à l’infirmerie.

C’est dans ce camp, que l’abbé Gay exercera son ministère avec charité et courage jusqu’au bout.

Le camp de Hradischko - copyright Danielle Ropars

Il est le seul prêtre. Avec lui, il y a un séminariste. Il se sent chargé d’une mission toute spéciale auprès de ces bagnards. Dans la foi, il l’accepte et l’accomplira sans faiblir. Sur le camp, il porte un regard lucide et plein de foi. Il le considère comme sa paroisse car il en est certain, le Christ l’a envoyé là pour être le « pasteur » de ces brebis abandonnées des hommes.

Sur la route qui mène au chantier, le soir dans le camp, l’abbé étonne par sa maîtrise de lui-même, son sourire inaltérable, son calme, sa tranquille possession de lui-même. « Jamais je ne l’ai entendu se plaindre », dit un témoin, « face aux privations, la faim qu’il ressentait comme les autres (il fut surpris cependant donnant une partie de son pain à des malades), sous les coups qu’il recevait peut-être plus que les autres, sa force de caractère les étonne tous. Ce courage tranquille n’est pas le résultat d’une timidité : il exige trop d’énergie pour qu’il soit possible de s’y méprendre. Il faisait face, poussant tranquillement sa brouette, s’arrêtant pour parler. Il a parfois porté plainte pour faire cesser les injustices. Reconnus par ses ennemis eux-mêmes, son intrépidité fut un grand exemple pour ses camarades. Grâce à cette fermeté, l’abbé réussit à tenir physiquement beaucoup mieux que sa faiblesse de constitution ne le laissait espérer. »

Il priait pour les uns, les autres. « Voyez-vous mes amis, ce matin je me suis uni à toutes les messes qui se disent dans le monde. » Il invitait aussi à se rassembler clandestinement afin de se tourner ensemble vers le Seigneur.

Plein d’Espérance, il pensait aussi à l’avenir, disant à ses amis ce qu’il ferait dans l’église dont il espérait un jour avoir la charge.

Avril 1945 arrive, et l’heure de l’ultime témoignage approche.

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