Paroisse de Lalleyriat - Le Poizat - Les Neyrolles - Nantua - 01 Ain
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        Abbé Gabriel Gay - Le 14 décembre 1943

Abbé Gabriel Gay - Le 14 décembre 1943

L’Abbé Gay avait écrit au séminaire : " Sans doute... Dieu me réserve à une tâche un peu spéciale, obscure : l’action par la souffrance... "

L’heure de la croix approchait. C’est l’heure du témoignage, du martyr !...


De 1939 à 1943

Depuis 1939, l’abbé Gay exerce son ministère dans l’incertitude de la « drôle de guerre » et à partir de 1942 sous le joug de l’occupant, ce qui ne lui facilite pas la besogne. Mais il est certain qu’en travaillant de tout son cœur au bien spirituel des âmes qui lui sont confiées, il aide au relèvement du pays.

A mesure que le temps passe, la défaite des nazis semble de plus en plus probable. Aussi les français relèvent-ils la tête. Cette attitude entraîne comme conséquence de rendre les Allemands de plus en plus irritables et conduira à de terribles représailles. Les tragiques événements qui se dérouleront à Nantua le 14 décembre 1943 ne le montreront que trop.

Le 14 décembre 1943

« Ce matin-là, comme de coutume, l’Abbé travaille dans son bureau. Il a pris connaissance d’un "Cahier du Témoignage chrétien" sur le péril nazi, que M. le Curé lui a communiqué. Or on vient précipitamment l’avertir que les Allemands font une rafle dans la vielle.

Depuis 7h.1/4, en effet, une troupe d’environ cinq cents hommes occupe toutes les issues de la ville. Les rues principales sont barrées et prises en enfilade par des mitrailleuses. Des patrouilles circulent, pénètrent dans les maisons, arrêtent hommes et jeunes gens. Ceux-ci, collés au mur, les bras en l’air, sont minitieusement fouillés. Chacun s’attend à être fusillé séance tenante.
"Mais tout à coup, écrira l’une des victimes de la rafle, un ordre bref est donné. Nous devons nous mettre en colonne. Nous sommes presque soulagés, car nous craignions le pire. La colonne se dirige vers la gare. Devant la salle des Pas-Perdus, deux officiers nous attendent, qui nous posent quelques questions. Interrogatoire de pure forme, puisque nous sommes tous dirigés vers des wagons stationnés en gare. Tout au long de la matinée, d’autres groupes nous rejoindront."

Sans avoir à quitter son bureau, l’Abbé Gay est vite au courant. A plusieurs reprises, on vient l’informer de l’arrestation de tel ou tel de ses paroissiens. Lui-même, de sa fenêtre, a pu suivre avec anxiété les gestes d’un Allemand mettant en joue un passant, bien connu de l’Abbé, pour lui demander ses papiers.

(…) Durant le repas de midi, la conversation est fort animée avec M. le Curé. L’Abbé doit se rendre aux Neyrolles dans l’après-midi pour son catéchisme : est-ce bien prudent de partir ?... M. L’Archiprêtre serait d’avis de ne pas quitter la cure. "Après tout, finit par dire l’Abbé, j’ai mes papiers ; je suis en règle : je pars". »

Mais l’Abbé n’ira pas plus loin que les dernières maisons de la ville de Nantua.
« On peut raisonnablement supposer qu’une heure plus tard l’Abbé se serait rendu sans encombre aux Neyrolles, le nombre des otages prévu par les Allemands se trouvant atteint. Mais lui-même devait aussitôt comprendre la portée de son arrestation. Dans un petit mot qu’il griffonne pour son curé, en quittant Nantua, après s’être excusé de n’avoir pas suivi son conseil (qui, du reste, n’était pas un ordre), il ajoute : "A quelque chose, imprudence est bonne : le vicaire suit son troupeau."

"De fait, écrit l’un des prisonniers, ce fut pour nous, qui étions enfermés déjà dans les wagons, une vraie stupeur, mais en même temps un profond réconfort, de le voir arriver par mi nous". »

Vers Compiègne

Dans la soirée du 14 décembre, le train prend la direction de Bourg en Bresse. Il roule vite, impossible de s’échapper ! Arrivés à Bourg, les prisonniers sont conduits vers la Feldgendarmerie. Ils sont entassés dans une petite pièce pendant qu’on vérifie leur identité. Pendant ce temps, l’Abbé va de groupe en groupe pour réconforter les plus pessimistes.

A trois heure du matin les Nantuatiens regagnent la gare et s’entassent dans des wagons à bestiaux. « Nous avions pu nous grouper, dit un témoin, l’Abbé était avec nous. Dès que le convoi se fut ébranlé, notre premier soin fut de vérifier si toutes les issues étaient bien fermées. Les vasistas n’étaient que cloués : bientôt l’air de la liberté vient gonfler nos poitrines. (…) Un éclaireur se risque le premier et saute sur le ballast, aucune réaction des Allemands !… Au suivant !... L’Abbé va de l’un à l’autre, offrant l’absolution à ceux qui la désirent. On entend un bruit mat : encore un ami qui saute !... » Quarante détenus ont retrouvé ainsi la liberté.

L’Abbé Gay a-t-il envisagé de s’évader ? Il semble que non. Il est prêtre : dès ce moment, il comprend qu’il a charge d’âmes. Le bon pasteur ne quitte pas son troupeau. Son devoir est de demeurer au milieu de ses compagnons d’infortune !

Arrivés à Dijon, les évasions sont découvertes. Après avoir stationné toute la journée en gare, le convoi repart vers 17h00. Au matin du 16 décembre, les Nantuatiens sont à Laon, où ils stationnent encore toute la journée. « Pour passer le temps, l’Abbé Gay et l’organiste de Nantua, Marcel Monnet, font appel à tous les chanteurs volontaires. Tout le répertoire des vieilles chansons françaises devait résonner aux oreilles étonnées des Allemands ».
Et c’est le soir du 16 décembre qu’ils arrivent à Compiègne et qu’ils sont conduit au camp de Royallieu à deux kilomètres de la ville.

En savoir plus

Le récit de la rafle du 14 décembre se trouve dans le livre des pères Armand et Givre, Un témoin du Christ parmiles déportés - L’Abbé Gabriel Gay - Vicaire de Nantua, pages 61 à 63.

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