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        Exigence et Miséricorde !

Exigence et Miséricorde !

Homélie du Dimanche 21 Mars 2010

" Auprès du Seigneur est la grâce, près de lui, la pleine délivrance." (Ps 129, 7)


Réconfortant et exigeant, ne seraient-ce pas les deux mots qui qualifieraient cet évangile que nous venons d’entendre ? Réconfortant car nous voyons Jésus qui ne condamne pas cette femme. Exigeant car Jésus invite tout simplement à la perfection. Écoutons-le encore une fois : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » En d’autres termes, nous avons ici sous nos yeux la réalité paradoxale de la divine miséricorde. La miséricorde nous donne d’accueillir le pardon que Dieu nous offre, mais en même temps, elle nous ouvre à la perfection de l’Amour à laquelle nous sommes tous appelés. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé », nous dit Jésus comme un véritable testament ! Et cet appel doit avoir une dimension concrète dans notre vie quotidienne.

Pendant quelques instants, reprenons le dernier verset de l’évangile que nous venons d’entendre.

Ce qui touche, c’est la manière avec laquelle ces mots sont dits par Jésus : « Moi non plus, je ne te condamne pas. » Les scribes et les pharisiens qui avaient amenés sans ménagement cette femme prise en flagrant délit d’adultère pensaient être dans leur bon droit : « Dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là ». Mais, par leur question au Seigneur, qui sonne comme un véritable défi, ils ouvrent une véritable petite brèche pour entendre la Parole du Maître : « Et toi, qu’en dis-tu ? » Jésus a une autorité certaine et il ne se laisse par enfermer dans une dialectique du permis-défendu, mais il ouvre le débat en renvoyant ses interlocuteurs à leur propre conscience. S’approcher de Jésus ne peut que nous renvoyer à nous-mêmes. Jésus est comme un miroir de notre propre conscience. « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre », réponse du Seigneur qui est devenu comme une véritable maxime dans le langage courant.

En venant à la Messe, nous sommes venus pour nous approcher du Seigneur Jésus. Alors, ouvrons notre cœur à sa Parole, il ouvrira le sien à ce que nous sommes. Laissons-nous toucher par ses mots afin qu’à notre tour nous puissions prendre conscience de l’œuvre de miséricorde qui s’accomplit dans notre vie. Souvent, nous avons du mal à nous approcher ainsi du Seigneur car nous avons peur d’être écrasé par la découverte de nos limites, de nos faiblesses, de notre péché. Nous risquons de faire comme les auditeurs de Jésus : « Quant à eux, sur cette réponse, ils s’en allaient l’un après l’autre, en commençant par les plus âgés ». Mais nous sommes restés et si nous restons c’est justement parce que nous avons entendu les mots de Jésus adressés à la femme et par elle adressés à chacun d’entre nous : « Moi non plus, je ne te condamne pas. »

Chers frères et sœurs, n’est-elle pas réconfortante cette parole du Seigneur ? Le « Je ne te condamne pas » de Jésus annoncé en plein jour est comme l’accomplissement de la promesse faite à Nicodème, en pleine nuit, « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 16-17). Oui, la miséricorde de Dieu est arrivée pour nous, pour chacun d’entre nous. N’ayons pas peur de venir boire à cette source !

Certes, la Miséricorde divine nous est promise. Certes, il nous faut la demander avec confiance. Mais en même temps elle engage à une exigence qui semble humainement inimaginable : « Va, et désormais ne pèche plus. » Oui, si elle permet d’aller de l’avant avec un objectif, une vision, un avenir – « Va » dit Jésus – la miséricorde de Dieu nous ouvre également à l’exigence de l’Amour, à l’exigence du cœur de Dieu – « Ne pèche plus » ! Ces mots peuvent nous démoraliser et nous décourager. Et pourtant, il n’en est rien dans l’intention du Christ. Rétablissant l’homme dans sa dignité, il veut lui montrer le chemin de sa vocation, de la perfection de l’Amour. C’est un chemin étroit et difficile, c’est certain. Mais si le Seigneur nous y engage ce n’est pas pour nous laisser tomber ensuite. Il nous donne le moyen d’y arriver. Et quel est-il se moyen ? Faire la même démarche que cette femme : rester humblement et de manière disponible en la présence du Seigneur qui nous parle, vivre de cette présence tous les jours et à chaque instant de notre vie, nous nourrir personnellement et communautairement de cette présence de Jésus qui est là au milieu de nous et qui veut nous faire miséricorde.

Exigence et miséricorde, ne sont-ils pas les deux mots qui doivent nourrir notre vie chrétienne, notre vie missionnaire ? Alors, n’ayons pas peur de Jésus qui s’approche délicatement de nous et qui avec une voix douce et puissante nous dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Amen

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